Rue de la Grande Truanderie : le prix de l’utopie

Publié : 14h13 par
Geoffrey Deloux - Animateur

BD Rue de la Grande Truanderie
BD Rue de la Grande Truanderie
Crédit : Grand Angle / Bamboo Editions

Une bande dessinée historique et engagée qui plonge au cœur du Familistère de Guise pour interroger la durabilité des utopies sociales.

Avec Rue de la Grande Truanderie, Jean-David Morvan (scénario) et Romain Rousseaux-Perin (dessin) signent une bande dessinée ambitieuse, à la fois historique, politique et profondément humaine. En deux tomes, la série explore la tension entre rêve collectif et réalité sociale, à travers le prisme d’une héroïne inoubliable et d’un lieu emblématique : le Familistère de Guise.

Une utopie inspirée du réel

L’intrigue s’enracine dans l’une des grandes expériences sociales du XIXᵉ siècle. Le Familistère, fondé par Jean-Baptiste Godin, était une tentative unique de créer une communauté ouvrière où confort, solidarité et progrès allaient de pair. Morvan et Rousseaux-Perin s’emparent de cet héritage pour bâtir une fiction qui questionne : une utopie peut-elle vraiment durer ? Et à quel prix ?

C’est dans ce cadre que l’on suit Glannes, jeune indigente parisienne recueillie par Godin à Guise. D’abord fascinée par ce modèle social inédit, elle perçoit peu à peu ses fragilités : la dépendance au progrès technique, la menace économique et les dérives idéologiques internes. Lorsque les « intégristes du lieu » la rejettent, Glannes est contrainte de retourner à Paris.

De Guise à la Cour des miracles

De retour parmi les exclus – prostituées, mendiants, voleurs, travailleurs précaires – Glannes refuse de renoncer à l’idéal transmis par Godin. Elle décide alors d’appliquer ses principes… mais à sa manière. En s’appuyant sur les « métiers » de la rue, elle tente de réinventer une forme d’organisation sociale adaptée aux plus démunis. Une démarche à la fois subversive et profondément politique, qui donne au récit toute sa force.

Un album pour les amateurs d’histoire et de territoires

Sorti le 28 janvier 2026, le Tome 2/2 conclut ce diptyque dense et engagé. L’ouvrage s’adresse autant aux passionnés d’histoire sociale qu’aux lecteurs sensibles au patrimoine industriel et aux récits ancrés dans des lieux réels. Il constitue également un excellent support pour des médiations culturelles en librairie, bibliothèque ou médiathèque.

Une rencontre exceptionnelle au Familistère

Le dimanche 22 février, le Familistère de Guise accueille les deux auteurs pour une journée d’échanges autour de l’utopie sociale et de sa représentation en fiction.

  • 10h30 : rencontre-conférence dans l’auditorium du pavillon central

  • 11h30 : première séance de dédicaces

  • 14h00 : seconde séance de dédicaces

Cette journée, ouverte à tous, s’inscrit dans la programmation culturelle du Familistère, qui continue de faire dialoguer son histoire avec des créations contemporaines.

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