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Après 50 ans d'attente, Harkati, fils de Harki sera-t-il réintégré dans la nationalité française ?

23 octobre 2018 à 18h11 Par Delphine Hernu
Crédit photo : Delphine Hernu

Au début du mois, l’Etat a été condamné pour la première fois, à indemniser un fils de Harki pour les conditions de vie "indignes" réservées aux supplétifs de l'Armée Française en Algérie à leur arrivée en France, et doit verser 15 000 euros en réparation des préjudices au plaignant. Une somme dérisoire aux yeux d’Harkati Yahiaoui, lui aussi fils de Harki. Il vit à Maubeuge, il a 60 ans et il a vécu dans des camps d’accueil à son arrivée en France, en 1964. Harkati déposera-t-il plainte lui aussi ? Non car son combat est ailleurs.

Le maubeugeois veut recouvrer la nationalité française. Il raconte qu'adolescent, il est déchu de sa nationalité en signant en Gendarmerie, alors qu'il ne sait ni lire ni écrire, une demande de libération des liens d’allégeance. Et voilà 50 ans qu’il vit avec une carte de séjour. Un demi-siècle sans pouvoir travailler durablement. Un demi-siècle qu’il se bat pour recouvrer la nationalité française.

Inlassablement, le sambrien a multiplié les démarches administratives, il écrit aux Présidents de la République successifs. Un seul lui répond, en septembre dernier. Emmanuel Macron lui a adressé un courrier dans lequel il lui demande les dernières pièces justificatives pour obtenir la réintégration dans la nationalité française.

L’aboutissement, enfin ? Harkati Yahiaoui reste prudent mais se réjouit et compte bien serrer la main du Chef de l’Etat lors de sa visite en Sambre Avesnois début novembre, pour lui dire Merci.

Ecoutez l'interview Long Format d'Harkati Yahiaoui : Écouter le podcast