Journée mondiale du cœur : se bouger et prévenir

Publié : 12h07 par
Geoffrey Deloux - Animateur

Fédération Française de cardiologie
Fédération Française de cardiologie
Crédit : www.fedecardio.org

À l’occasion de la Journée mondiale du cœur ce 29 septembre, la sensibilisation aux risques cardiovasculaires s'impose comme une urgence absolue. Premières causes de mortalité dans le monde et chez les femmes en France. Face à ce constat et à des statistiques régionales préoccupantes dans le Nord, la prévention et l'adoption de réflexes simples restent les meilleures armes pour préserver notre santé.

Des risques accrus et des spécificités féminines sous-estimées

Chaque année, les maladies cardiovasculaires sont à l'origine d'environ 140 000 décès en France. Bien qu'elles touchent l'ensemble de la population, la situation des femmes s'est nettement dégradée : entre 2008 et 2013, le taux d'hospitalisation pour un infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans a bondi de 19 %, contre 9,9 % chez les hommes du même âge.

Cette progression est directement liée à l'évolution des modes de vie (tabagisme, stress, sédentarité), mais aussi à des facteurs hormonaux spécifiques (contraception, grossesse, ménopause). Les diagnostics souffrent encore trop souvent d'un retard d'alerte en raison de symptômes parfois atypiques (essoufflement, nausées, fatigue, douleurs dorsales) éloignés de la classique douleur thoracique. De plus, après un accident cardiaque, seule une femme sur cinq suit une réadaptation cardiaque, contre un homme sur trois, alors que cet accompagnement réduit drastiquement les risques de récidive.

Des habitudes de vie simples pour éviter 8 cas sur 10

Dans 80 % des cas, l'apparition d'une maladie cardiovasculaire peut être évitée grâce à une bonne hygiène de vie et un suivi médical régulier. Il ne s'agit pas d'interdictions Stricte, mais d'un équilibre au quotidien :

  • Mettre du mouvement dans sa journée : l'activité physique reste le meilleur des médicaments. Marcher au moins 30 minutes par jour, préférer les escaliers à l'ascenseur ou téléphoner debout permet déjà de rompre la sédentarité.

  • Adopter une alimentation équilibrée : privilégier les fruits et légumes tout en limitant les produits ultra-transformés, frits, trop salés ou riches en glucides raffinés.

  • Éviter le tabac et modérer l'alcool : préserver ses artères en réduisant les substances toxiques.

  • Apprendre à gérer son stress : intégrer des moments de relaxation pour ménager son cœur.

  • Consulter préventivement : faire contrôler sa tension et son bilan de santé chez le médecin généraliste, même en l'absence de tout symptôme.

Recherche et mobilisation sur le terrain

Pour faire avancer la prise en charge, la recherche médicale se mobilise à travers des initiatives majeures comme l'étude E3N-Cardiovasculaire, qui suit près de 100 000 femmes afin d'établir un score de risque féminin personnalisé. Les premiers résultats confirment notamment qu'une ménopause précoce (avant 45 ans) ou des antécédents de migraines et d'endométriose augmentent la vulnérabilité cardiaque.

Sur le terrain, la sensibilisation passe aussi par des actions de proximité. Chaque année, les Parcours du Cœur mobilisent des centaines de milliers de participants, d'écoles et de communes, notamment dans le Nord de la France, pour encourager petits et grands à se dépister, s'informer et surtout continuer à bouger.

Luc Michel, à la fédération française de cardiologie, nous explique...